24
Mai

Par passion, tout simplement.

Véronique Guillemot
écrit par GDS
Un commentaire

Depuis sa ferme d’Yvignac-La-Tour (22), Véronique Guillemot fait le point sur un parcours bien rempli. Éleveuse de brebis, présidente de section, famille d’accueil. Portrait d’une femme engagée et enthousiaste.

Derrière un sourire généreux et des yeux bleus rieurs, se cache une femme passionnée et engagée. Avec un grand-père dentiste et un père représentant de commerce, rien ne prédestinait cette rennaise d’origine à l’élevage de brebis, si ce n’est un attrait marqué pour la campagne. Véronique Guillemot entre au lycée Coëtlogon de Rennes pour préparer un Brevet de Technicien Agricole, « et devenir paysagiste », précise l’intéressée. Lors d’un stage dans une exploitation à Craon (53), elle se découvre une passion pour les brebis. “J’ai tout de suite compris que c’était ce que je voulais faire”, confie-t-elle dans un sourire. Changement de parcours : la jeune femme entre en 1974 en BTS Productions animales aux Trois Croix à Rennes, où elle rencontre son futur époux.

Métier passion

Tout s’enchaîne ensuite très vite. Diplôme en poche, la jeune technicienne débute par des remplacements en exploitations ovines dans la région rennaise avant de se faire embaucher dans l’Eure chez un sélectionneur de race Ile-de-France. Véronique qui “ souhaite apprendre avant de s’installer ” fait donc ses armes dans cette ferme qui compte 400 brebis.

Hiver 1976, retour en Bretagne et nouveau job comme bibliothécaire à l’École Nationale Supérieure Féminine d’Agronomie de Rennes (ENSFA). En septembre 1977, elle s’installe avec son mari à Yvignac-La-Tour dans une exploitation d’une centaine de brebis de race Rouge de l’Ouest et d’une cinquantaine de truies.Une intoxication par le cuivre en 1979 la conduit à recomposer l’ensemble de son cheptel. Elle décide alors d’adopter un schéma de sélection assez inédit pour l’époque, un croisement des races Ile-de-France et Romanov au nom prometteur de “F1”. Véronique Guillemot devient par la suite présidente de l’Unité Nationale de Sélection et de Promotion de Race (UPRA) où elle s’intéresse aux questions sanitaires.

À l’avant-garde du sanitaire

Au début des années 80, les échanges nombreux entre les élevages et les problèmes émergents de paratuberculose et de chlamydiose nécessitent la mise en place d’un statut sanitaire chez les sélectionneurs de brebis. Son travail mené de concert avec Gérard Argenté, vétérinaire conseil au GDS 22, pose les bases de l’action sanitaire en production ovine. Suivront notamment la mise en place de 20 prélèvements annuels réalisés au hasard chez les sélectionneurs et la vaccination obligatoire contre la paratuberculose de tous les troupeaux multiplicateurs. Celle qui deviendra par la suite présidente de la section ovine de GDS Bretagne présente un sens du collectif aigu, vivant pleinement ses engagements.

Tour à tour adjointe au maire, présidente de l’UPRA, secrétaire de la CUMA : “J’ai toujours eu des responsabilités. Ce qui m’attire, ce ne sont pas les médailles, mais les rencontres”, souligne-t-elle. Sa fonction de présidente de la section ovine bretonne, elle la met au service des éleveurs. “On se sent un peu seul parfois, ce sont des productions passion, c’est important pour un éleveur de se sentir soutenu”, complète Véronique Guillemot. Ce sens de l’engagement et cette ouverture sur le monde et sur les autres, elle le cultive également comme famille d’accueil. Pour elle, “la ferme est un endroit apaisant pour les enfants en difficulté”. Malgré un agrément officiel du Conseil Général, elle se considère comme amatrice dans ce rôle qu’elle exerce depuis maintenant 6 ans.
“Dans la vie, il ne faut pas chercher à recevoir, mais à donner. Je n’attends rien en retour, pas de merci”. Eh bien, merci quand même Véronique !

Repères

1974 – Obtention du BTS Productions animales
1977 – Installation en production ovine et porcine 700 brebis(Romanov croisées Ile-de-France) 60 ha de Surface Agricole Utile (SAU)
2002 – Création de la section ovine GDS 22

Un commentaire pour Par passion, tout simplement.

  1. miss auray a commenté :

    Nous les femmes, on est courageuses, dures à la tâche, responsables, attentives, rapides, sur le qui-vive, curieuses, ouvertes, aventureuses, attentives, libres. On a grandi, nous. On s’est débarrassées des corsets de nos mères et de nos grand-mères, de leurs lacets, de leurs épingles, de leurs tresses, de leurs chignons, de leurs révérences, de leurs tabliers, de leurs déshabillés, de leur main tendue en fin de mois.

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