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Alerte aux chenilles processionnaires, elles débarquent en Bretagne !

écrit par GDS
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Parmi nos nombreux paysages bretons, arborant des terres de landes et de vallées, on peut retrouver des forêts de pins, appelées pinèdes. Véritable lieu de biodiversité, une espèce peut parfois devenir encombrante malgré sa singularité : la chenille processionnaire du pin. Apparaissant habituellement entre février et mai, les chenilles processionnaires du pin ont déjà fait leur apparition depuis cet hiver à cause des hausses de température et d’un climat plutôt perturbé. La vigilance et la prévention sont donc de mise.

La chenille processionnaire, qui est-elle ?

Caractéristiques

  • Nom : Elle tient son nom de son mode de déplacement très ordinaire en procession ou file indienne. Des centaines de chenilles peuvent ainsi parfois se suivre !
  • Aspect : Contrairement aux chenilles courantes, elle est extrêmement velue !
  • Taille : La chenille processionnaire ne dépasse pas les 4 cm.
  • Couleur : Elle est aussi reconnaissable à sa couleur orangée entouré de gris sur toute la longueur de son corps.
  • Nourriture : Elle se nourrit de limbes de pin.
  • Parent : La chenille processionnaire est la larve du papillon de nuit.

Provenance et prolifération

La chenille processionnaire se développe dans des milieux à température modérée. Le froid limite sa propagation et sa croissance, mais elles suffoquent sous une chaleur ardente. Le climat actuel en France est ainsi favorable pour qu’elle soit représentée abondamment dans les régions du sud, où se trouvent de nombreuses de forêts de pins. Cependant, les chenilles processionnaires ne cessent de s’étendre vers le nord et on peut aussi les retrouver sur la côte Atlantique, de la Bretagne au Pays Basque. Une augmentation de l’aire de répartition de la chenille processionnaire du Pin qui est certainement en lien avec le réchauffement climatique.

Cycle biologique annuel en 6 étapes

  1. Vol et reproduction : À partir de mi-juin, les papillons de la processionnaire sortent de terre. À partir de cet instant les jours sont comptés. Mâles et femelles n’ont qu’un à deux jours pour procréer et assurer une progéniture, car les mâles meurent très vite.
  2. Ponte : La femelle s’envole et place entre 70 et 300 œufs sur les aiguilles de pin, avant de mourir à son tour.
  3. Éclosion : Les chenilles éclosent 30 à 45 jours après la ponte, en septembre. Elles se nourrissent avec les aiguilles du pin, et sont reliées entre elles par un fil de soie.
  4. Nidification : Au cours de leur croissance, les chenilles changent de couleur et se couvrent de poils, jusqu’à 1 million ! Les chenilles se créent un nid dans une branche de pin où se rassemble la colonie, en automne. Elles passent tout l’hiver dans cet abri.
  5. Procession : Au printemps, la colonie conduite par une femelle quitte l’abri, en se déplaçant en longue file, et partent en procession pour trouver l’endroit idéal à la phase de diapause. Au bout de quelques jours, elles s’arrêtent dans un endroit ensoleillé et s’enfouissent entre 5 et 20 cm sous terre.
  6. Enfouissement sous terre (diapause) : Deux semaines plus tard, les processionnaires se tissent des cocons individuels dans le sol dans lequel la chrysalide prendra forme. Elles restent ainsi pendant des mois, voire des années. Au bout de plusieurs mois, chaque chrysalide se métamorphose en papillon. Et puis, en juin, les papillons sortent de terre…

Pourquoi s’inquiéter de sa présence ?

Dangereuse pour l’homme et les animaux

Les poils de la chenille peuvent provoquer une irritation, accompagnée de boutons, chez les personnes et les animaux (et plus particulièrement chez les chiens qui essaient de les croquer). La nature urticante de son poil provient d’une substance urticante et allergisante libérée lorsque le poil se détache du corps de l’insecte, notamment à cause d’un danger. Les poils se dispersent aussi par le vent ou par l’homme (lors de la tonte de la pelouse ou d’une tentative de lutte). Il est nécessaire de faire très attention dès le mois de mai et jusqu’à juillet car l’époque où elles sont le plus urticantes !

Perte de croissance de l’arbre hébergeur

En cas d’infestation massive par les chenilles processionnaires, on parle de défoliation de l’arbre. C’est un véritable fléau pour les pins qui entraîne une perte de croissance d’environ un an. Cependant, une défoliation même totale ne provoque pas la mortalité de l’arbre atteint. De plus, si les conditions de croissance sont satisfaisantes, l’arbre hébergeur est tout à fait capable de supporter cette attaque.

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Comment s’en débarrasser ?

Il existe différentes méthodes pour lutter contre les chenilles processionnaires du pin, qui dépendent du cycle de l’insecte. Ainsi, des techniques de piégeage des papillons mâles, des traitements biologiques pour favoriser l’implantation de prédateurs, l’échenillage (consistant à couper les branches où se trouvent les nids) ou encore des écopièges peuvent être mis en place.

Par ailleurs, il n’existe pas de moyen définitif de s’en débarrasser car les arbres peuvent à nouveau être infestés l’année suivante par d’autres papillons, venant de plusieurs kilomètres. En effet, le papillon mâle peut voler jusqu’à 25 km tandis que le papillon femelle peut parcourir une distance de 3 km maximum. Il est important de ne pas prendre de risque lors de la lutte de ces chenilles. Consultez un professionnel agréé qui saura vous proposer la solution la plus adaptée.

Pour plus d’information, découvrez l’article des Paysagistes Breton sur la chenille processionnaire.

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